Louis CHARLOT

Art et culture->peintures

(né le 26 avril 1878 dans le Bourg de Cussy et décédé le 31 mai 1951 à Uchon)

Le Pigeonnier de Sommant (musée Rolin à Autun)

Le Creusot (octobre 1914) Plaine des Riaux (Mairie de CUSSY-en-MORVAN)

Le village sous la neige (UCHON) (Mairie de CUSSY-en-MORVAN)

Né dans le Bourg de Cussy le 26 avril 1878, où il est resté jusqu'en 1889, année où il est parti au Collège à Autun. Sa famille est restée à Cussy jusqu'en 1895 et lui à Autun jusqu'en 1898. C'est dans les années de sa jeunesse qu'il passa dans le morvan que Louis CHARLOT s'est imprégné des paysages qu'il a retrouvés et exaltés dans ses oeuvres, plus tard (dès 1905) à Uchon. C'est dans ce village qu'il décédera le 31 mai 1951.

Sa famille était simple : son père était facteur rural et malgré son salaire modeste, entendit bien donner à ses 5 enfants une situation meilleure que la sienne.

Il avait rêvé pour Louis d'études à l'Ecole des Arts et Métiers du Cluny pour l'orienter vers la mécanique. Mais l'enfant n'était attiré que par le dessin, la peinture et les longues contemplations de la belle nature morvandelle.

Son frère aîné était élève au collège d'Autun et pour pouvoir y faire entrer le futur peintre, le vieux facteur dut, la mort dans l'âme, se résoudre à vendre un lopin de terre auquel il était sentimentalement attaché.

Le jeune élève se rendait alors souvent à Cussy ; un jour, polisson comme les gamins de son âge, il eut l'idée de grimper sur le chasse-neige de la commune ; il fit une chute qui lui occasionna une grave fracture au bras ; elle lui laissa une incapacité de travail qui plus tard, le rendit inapte au service militaire, mais heureusement ne l'empêcha pas de manier adroitement crayons et pinceaux.

C'est à Autun que ses oncle et tante, horticulteurs faubourg d'Arroux, les époux Poizeau, le soignèrent avec dévouement.

Au collège d'Autun, ses professeurs de dessin n'étaient guère à la hauteur des dons et de l'ambition du jeune élève et seules l'intéressaient vraiment ses longues visites au musée municipal.

Mais il fallait vivre et envisager un métier provisoire. A 20 ans, vers 1898, il se décida à partir pour Paris et là commença une des périodes les plus dures de son existence : pour subsister il dut se résigner à reproduire des dessins pour des catalogues commerciaux.

Fort heureusement un membre parisien de sa famille put le faire entrer par la suite dans l'atelier de Léon Bonnat, un peintre portraitiste alors célèbre, mais aujourd'hui bien oublié.

Chez lui, Louis Charlot apprit correctement l'art du dessin, mais les tonalités sombres de la palette de cet artiste correspondaient mal au besoin de lumière et de couleur du jeune homme qui fut admis la même année à l'Ecole des Beaux-Arts.

C'était encore pour lui l'époque des vaches maigres, malgré la subvention trop modeste du Conseil Général de Saône et Loire et du Conseil Municipal d'Autun.

La carrière artistique de Louis Charlot commence alors : elle se divise en 4 périodes.

1) période impressionniste qui se termine vers 1910

2) période de recherche d'un style plus personnel jusque vers 1920

3) période de plénitude, de grande qualité jusqu'à la 2ème guerre mondiale

4) période finale qui n'ajoute rien à son talent, au contraire et au cours de laquelle il produisit trop d'oeuvres d'un intérêt secondaire.

La première période fut très brillante : en ce début de siècle les impressionnistes commençaient seulement à supplanter les peintres académiques de la fin du siècle précédent, peintres souvent plus munis de récompenses, de décorations que de talent.

Avec ses amis les peintres Claude Rameau, et Henri Désiré, il s'enthousiasma pour l'éclatante lumière des tableaux de Sisley, de Pissaro notamment.

Il fut, non pas un suiveur des Impressionnistes, comme certains critiques d'art le dénomment parfois, mais un des derniers.

Il exécuta des oeuvres d'une très grande qualité, avec un style personnel très marqué.

En 1904 au cours de son premier voyage à Uchon, il est frappé par la beauté de ce village qui domine un immense panorama de vallées et de montagnes, par ses rochers aux formes étranges. L'année suivante il s'y installe presque définitivement.

C'est là qu'il peint la plupart de ses plus beaux tableaux, paysages, paysans attablés ou non dans un style qui rappelle celui des frères Le Nain, du XVII e siècle, bergers et bergères dont l'un fort beau a été légué par lui au musée d'Autun.

Deux grands peintres eurent sur lui une influence décisive : Cézanne d'abord, que le public commençait à peine à comprendre, et Pissaro.

Il considéra la nature, non pas comme un modèle à copier servilement mais comme un motif à interpréter et rechercha avant tout l'étude des masses pour les traduire par des oppositions de couleurs et de valeurs.

C'est ainsi qu'il interpréta les paysages d'Uchon, de Sommant, le pays de sa mère, de même que dans les toiles qu'il rapporta de ses voyages de l'Ile de Brehat et à Bormes-les-Mimosas. L'art de Louis Charlot avait séduit un écrivain de talent, un ancien élève du collège d'autun, Georges Lecomte, qui fut membre de l'Académie Française, puis secrétaire perpétuel de cette illustre compagnie.

Il devint un grand ami du peintre, et en 1929 celui-ci publia sur Louis Charlot un important volume magnifiquement illustré, et dans lequel il écrivit "Depuis 20 ans, j'ai l'impression et la certitude très raisonnée que Louis Charlot a l'âme, la vision, la sensibilité, la science d'un grand peintre".

Dès le début de ce siècle, la critique le considère comme un artiste de grande qualité ; il expose en 1907 au Salon des Artistes Français. Le trouvant trop académique il l'abandonne pour le Salon des Indépendants, puis le Salon d'Automne dont il devint bientôt secrétaire.

En 1907 il fit sa première exposition individuelle à la galerie Blot ; il y remporta un très vif succès.

En 1911 il exposa cette fois à la Société Nationale des Beaux Arts dont il fut par la suite membre associé.

Pendant la première guerre mondiale, Louis Charlot, inapte au service militaire en raison de son bras infirme, fut envoyé par l'Etat dans la zone des armées, de même que d'autres artistes réputés pour y peindre des poilus véritables, des soldats bien de chez nous.

L'Etat, qui avait reconnu son talent, le fit chevalier puis ensuite officier de la Légion d'Honneur.

Ses tableaux ornent de nombreux musées de France et de l'étranger, de Tokyo à l'Amérique, ainsi que des galeries de collectionneurs du monde entier. Autun, grâce aux legs de ses portraits - dont les plus beaux sont reproduits dans l'ouvrage de Georges Lecomte - sont d'une extraordinnaire puissance d'évocation : notamment l'admirable portrait de son père, ceux de sa mère, de M. et Mme Lecomte et tant d'autres.

Cussy a la chance de posséder dans son église, à gauche du choeur, une étude pour "la Nativité" (qui se trouve à Charnay-les-Mâcon) tandis que dans une église moderne de Digoin s'étale sur tout le mur de l'abside, une fresque représentant Sainte Bernadette priant en gardant ses moutons dans un payasage de montagnes.

Louis Charlot a quitté trop tôt son village natal pour pouvoir en peindre le charme et le pittoresque mais il sera dorénavant moralement présent grâce à la plaque qui accorde son nom à la place de la Mairie.